samedi 29 mars 2008

Gîtes


J’habite Septentrion d’Orient
Sur l’île d’Aran
Parmi la bourrache et les viornes
Entre tenailles du ciel
Et crocs du loup de la mer

J’habite la tête d’un clou
Sur la crête des Fous
Je suis la Dame de Pique
Du narval
Pal à front d’ opale

Le triton du vent
Désherbe la vague

J’habite agrion d’Atlantide
La vallée jouvencelle
Le lit de ma couleuvre exacerbe d’or
Le ciel d’un Odilon Redon

J’habite au Vulcain azuré du carbone
Je peuple la microfibre des mailles
D’un pays qui s’effiloche l’épaule
Aux épines d’un cynorhodon

J’habite les matriochki du bulbe
Quand la danse des cigognes
Emplume les neiges de l’ œil outre-bleu
Gypsy la boussole de ma nostalgie

J’habite bergeronnette
Un battement de cils
La vague d’un soupir

(Où passe la rivière
Chevêche ouvre tes serres !)

dimanche 23 mars 2008

La fenêtre est ouverte au fond d'un Pavot noir

Amorce textuelle à partir d’un ver de R. G. Cadou « La fenêtre est ouverte au fond d’un pavot noir… »


Je me suis éveillée à la crête d’un rêve
La fenêtre est ouverte au fond d’un pavot noir
Je respire la nuit poivrée d’un chaud nectar
Son haleine me saoûle , sa corolle m’enlace
La fleur en moi déjà s’écoeure à cette ivresse
Je voudrais m’envoler comme abeille mutine
Parcourir les mailles du ciel arachnéen
Qui s’ouvre sur l’infini autant qu’il se resserre
Les rets du ciel lacté m’ont lacéré le cœur
Cette fleur me tient comme mon poing qui se ferme
Dans son lit de parfum , je creuse ma vallée

Pavot noir

mercredi 5 mars 2008

Retrouvailles

N’avez vous jamais été traversé de la certitude que vous étiez orphelin , orphelin malgré les photos de famille où l’on vous montre bébé … et qui sait après tout si on vous a jamais montré ces photos ?
N’avez vous jamais ressenti votre solitude et votre étrangeté au milieu des vôtres comme si vous veniez d’ailleurs ?
N’avez vous pas cherché , n’avez vous pas trouvé ou éprouvé reconnaître un pays intime au cœur , un peuple frère , une âme sœur ?
N’avez vous jamais eu envie de vous envoler sur l’aile d’un héron blanc ou d’un oiseau de passage ?

Comme si on naissait quelque part , au cœur d’une famille mais qu’on venait de plus loin pour repartir vers une contrée ignorée .
Comme si cela au fond nous transperçait du flux glacé obscur d’une source obstinée .

samedi 23 février 2008

Ma couleur , c’est l’encre d’une nuit . Entendez vous sa symphonie ?
Sentez vous l’ océan qui en haut vous appelle ?
Vous rappelez vous d’où on part ?
Devinez vous où on va ?
Avez vous vu le lever de la Lune ?
Vos yeux éblouis se sont ils enfin ouverts aux
pulsations d’un ailleurs insoupçonné ?
La queue de Pégase vous a t-elle balayé le museau
comme la floche à la foire ?

Aux cieux tourmentés des quarantièmes rugissants
Qui cherche , trouve les nuages de Magellan .